Le noisetier au printemps image mise en avant

Le noisetier : un trésor botanique pour le système circulatoire

Le noisetier, communément appelé « arbre à noisettes, » est un arbuste aux multiples facettes. Il est connu aussi bien pour ses fruits savoureux que pour ses nombreuses applications thérapeutiques. Présent dans les forêts, les haies, et les jardins à travers l’Europe, ses feuilles, son écorce, et ses chatons ont souvent été employés, dans divers remèdes populaires. Chacune de ces parties recèle des trésors médicinaux utilisés pour leurs actions anti-inflammatoires, antioxydantes et vasoprotectrices. En plongeant dans la botanique et dans la phytothérapie, cet article dévoile les mystères de cet arbre remarquable et explore comment le noisetier peut jouer un rôle crucial dans la santé humaine et la médecine naturelle.

Le noisetier
Le noisetier est appelé traditionnellement Coudrier dans l’Ouest de la France et Avelinier dans l’Est et le Sud, tout particulièrement dans les Vosges.

Le noisetier dans l’histoire

Des restes de noisettes fossilisées, datant de 10 000 ans, ont été retrouvés sur des sites archéologiques. On retrouve donc des traces, dans l’alimentation des hommes du néolithique. Les premiers vestiges marquant sa culture datent du 4ème siècle avant J-C, en Grèce.

Avant tout, peu d’écrits existent sur les vertus médicianles du noisetier, pendant l’antiquité et le Moyen-âge.

Nous savons que les Amérindiens l’utilisaient en premier lieu, pour traiter des maladies cardiaques, des troubles oculaires ou les maux de dents.

C’est à partir du 20ème siècle, pendant la période d’après-guerre, que le docteur Henri Leclerc va effectuer de nombreuses recherches sur le noisetier. Il découvre que celui-ci a les mêmes propriétés que l’hamamélis, une plante incontournable pour les troubles du retour veineux.

Le noisetier est le symbole de la sagesse et de la justice. Pour les peuples nordiques, germaniques et celtes, la noisette incarnait la connaissance. Ainsi, les druides consacraient son bois aux supports d’incantations. Il avait aussi valeur de fertilité.

Les sourciers exploitent ses branches, taillées en fourche pour détecter l’eau souterraine. Les chercheurs de minéraux l’utilisent également.

Enfin, n’oublions pas que les rejets de l’arbuste ont offert à des générations d’enfants, la joie de fabriquer des arcs et des flèches.

Un peu de botanique…

Son nom latin est Corylus avellana.

Il appartient à la famille des Bétulacées.

Également connu sous le nom d’Avelinier ou de Coudrier.

Le noisetier est un arbuste des climats tempérées, aux feuilles caduques, c’est à dire que ses feuilles tombent en hiver. Il peut atteindre facilement 5 à 6 mètres de haut, à l’âge adulte. Il pousse en touffes assez denses et ramifiées au pied desquelles de nombreux drageons apparaissent. Par ailleurs, le noisetier a une durée de vie de 60 ans, voire plus.

L’étymologie du nom latin « corylus » signifie « casque », en référence au fruit enchâssé dans une cupule. « Avellana » se rapporterait à la ville italienne d’Avella, dans la province d’Avellino en Campanie, dont les noisettes étaient réputées.

Le terme de coudrier et d’avelinier date du 12ème siècle.

En outre, de nombreuses variétés de noisetiers se distinguent par leur taille et la forme du fruit.

Les fruits presque mûrs !
Selon une légende, les sorcières confectionner leur balai avec le noisetier.

Où pousse le noisetier ?

Le noisetier est répandu dans presque toute la France. C’est donc une espèce très commune. Vous le trouverez le long des chemins et des lisières des bois. Très cultivé dans les parcs et dans les jardins, mais aussi pour les besoins de la pâtisserie, dans le Sud de la France, en Turquie et en Italie. Il est également présent dans le reste de l’Europe, en Afrique septentrionale et en Asie Occidentale.

Le noisetier est très rustique et pousse aussi bien en plaine qu’en montagne, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude. Ainsi, il supporte de fortes gelées.

Comment reconnaître les feuilles de noisetier ?

Le noisetier a des feuilles larges, alternes et ovales, en cœur à la base. Les bords sont finement dentés. Également, elles sont légèrement duveteuses et se terminent en pointe.

Le noisetier et son rameau
Le noisetier est monoïque. Ainsi, il porte des fleurs mâles et des fleurs femelles séparément.

Comment reconnaître l’écorce de noisetier ?

Le noisetier a une écorce lisse et de couleur brune – grisâtre. Elle est accentuée de petites rugosités blanchâtres, appelées aussi lenticelles.

Comment reconnaître les fleurs de noisetier ?

Avant tout, les fleurs apparaissent avant les feuilles. Tout d’abord, les fleurs mâles, bien visibles, pendent en chatons jaunâtres. Puis, les fleurs femelles arrivent, très discrètes, de 2 à 3 mm de diamètre. Ces dernières ressemblent à des bourgeons, appelés glomérules, comprenant de petits épis rouges aux extrémités. Elles ne sont pas fécondées par le pollen de leur propre arbre, mais par celui d’un autre plus tardif. Enfin, le noisetier fleurit en janvier-mars, sur les rameaux de l’année précédente.

Les chatons apparaissent en hiver.
Les chatons de noisetiers sont un groupe de fleurs mâles. Avec le vent, ils libèrent du pollen pour atteindre les fleurs femelles.

Comment reconnaître les fruits de noisetier ?

Enveloppé par une bractée membraneuse et frangée, le fruit est un akène, nommé noisette. La coque ligneuse passe du vert au brun, en mûrissant. C’est à l’intérieur que se trouve le fruit comestible, de couleur crème, et entouré d’une fine pellicule brune.

Vous pouvez récolter les noisettes, lorsqu’elles tombent naturellement. Mais vous pouvez secouer doucement l’arbre pour les faire tomber.

Le noisetier et ses graines comestible
Très appréciées par de nombreux rongeurs, notamment l’écureuil.

Cultiver le noisetier

Au jardin, le noisetier est un arbuste d’ornement, comestible et médicinal.

Il est cultivé de plusieurs façons :

  • Semis : faire germer les noisettes est un processus possible mais lent.
  • Bouturage : utiliser des boutures de bois semi-ligneux en été.
  • Marcottage : plier une branche au sol, puis la recouvrir de terre. Ensuite, attendre qu’elle s’enracine avant de la séparer de la plante mère.

Choisissez un emplacement au soleil ou à mi-ombre. Le noisetier aime les sols bien drainés et légèrement acide à neutre. Évitez les sols trop lourds ou gorgés d’eau. Prévoyez environ 3 à 5 mètres entre chaque noisetier. Les racines sont peu profondes.

Pour une meilleure fructification, plantez plusieurs variétés, afin de favoriser une pollinisation croisée.

Plantez le noisetier, lorque le sol n’est pas gelé, à l’automne ou au début du printemps. Les jeunes noisetiers ont besoin d’un arrosage régulier durant les premières années. Une fois établis, ils tolèrent mieux la sécheresse. Sa pousse est rapide.

Taillez-le à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Supprimez les branches mortes, malades ou qui se croisent. Réduisez également les drageons (pousses de racines) qui peuvent concurrencer la plante principale.

Le bois est facile à tailler, flexible et résistant. Pour toutes ces raisons, il est utile pour fabriquer des clôtures, des rames, des manches d’outil, des cannes ou encore des paniers en vannerie.

Le noisetier et sa culture
Plantez le noisetier de préférence à l’automne, afin de soutenir son enracinement avant l’arrivée de l’hiver.

Quelle(s) partie(s) du noisetier en phytothérapie ?

Les feuilles, l’écorce des rameaux et les graines (les noisettes) sont utilisées en herboristerie. La feuille a peu d’odeur et le goût est peu prononcé.

Les feuilles se cueillent à la fin du printemps et en été. Les noisettes se récoltent de fin août à octobre.

Les bourgeons de noisetiers sont également appliqués en gemmothérapie.

Comment sécher les feuilles de noisetier ?

Ramassez les feuilles selon vos besoins, après la rosée du matin.

Faites-les sécher à plat sur une grille, une claie ou une cagette.

Le séchage doit se faire à l’abri du soleil, à température ambiante et dans une pièce sèche, sombre et bien aérée.

Stockez vos plantes séchées à l’abri de la lumière et de l’humidité.

→ Cliquez ici pour tout savoir sur la conservation des plantes médicinales.

Sécher là plat ses plantes médicinales.
Cueillez les feuilles de noisetier pendant l’été, lorsque la rosée s’est évaporée.

Le noisetier et ses principes actifs majeurs

Dans les feuilles, les molécules actives principales sont :

  • Des tanins condensés (8 à 10 %) : dont les proanthocyanidols ;
  • Des flavonoïdes et des acides phénoliques : myricitrine, quercétine, quercétol, rhamnoside, acide gallique, acide caféique, acide férulique et acide sénapique.

Dans les graines de noisette se trouvent des nutriments essentiels :

  • Des acides gras monoinsaturés (acide linoléique oméga-6 et acide oléique omega-9) ;
  • Vitamine E et vitamine B6 ;
  • Manganèse, Fer, Cuivre, Phosphore et Magnésium ;
  • Des protides.

Le noisetier et ses incroyables bienfaits médicinaux

Les feuilles ont de nombreuses propriétés remarquables, notamment pour la sphère circulatoire. Elles sont bénéfiques aux affections veineuses, telles que les varices, les jambes lourdes, les hémorroïdes et tous les troubles circulatoires. Le noisetier renforce également les vaisseaux capillaires.

  • Tonique veineux : tonifie les veines qui ont perdu leur élasticité et provoquant des rétentions de fluides, généralement au niveau des membres inférieurs ;
  • Vasoconstricteur ;
  • Antiœdémateux : chasse les œdèmes ;
  • Astringent ;
  • Antihémmorragique ;
  • Antidiarrhéique ;
  • Dépuratif ;
  • Hémostatique, cicatrisant et anti-inflammatoire: par voie externe.

Vous avez sûrement déjà entendu que la consommation de noisettes, diminue le risque de maladies cardio-vasculaires. En effet, celles-ci ont un effet positif sur le cholestérol et le glucose sanguin. Les noisettes ont aussi une action antioxydante. Les fibres contenues dans le fruit, aident à normaliser le transit intestinal.

Enfin, l’huile de noisette est considérée comme un vermifuge doux pour les enfants, en interne. L’huile, en massage externe, est cicatrisante. Elle sert souvent pour diluer les huiles essentielles, jugées trop agressives pour la peau.

L’écorce des rameaux permet de calmer les hémorroïdes et de soulager les états fiévreux. C’est également un cicatrisant renommé contre les ulcères variqueux et les plaies atones (ce sont les plaies qui ont du mal à se refermer).

En gemmothérapie, le bourgeon agit sur :

  • Les veines et les artères : œdème des membres inférieurs, ulcères variqueux et artérites des membres inférieurs pouvant aller jusqu’à la gangrène et la nécrose.
  • Le foie : cholestérol, stéatose et cirrhose alcoolique sans ascite.
  • Les poumons : sclérose pulmonaire et emphysème.
  • L’anémie hypochrome ou microcytaire et aussi, en cas d’affection digestive.

Le noisetier en bourgeons
Les bourgeons de noisetier apparaissent dès le début du printemps, après l’arrivée des chatons.

Les différentes formes galéniques du noisetier

Les feuilles de noisetier se consomment sèches en phytothérapie.

Par voie interne

  • L’infusion de feuilles sèches : 25 g pour un litre d’eau bouillante. Laissez infuser toute une nuit, puis boire 2 à 3 tasses par jour entre les repas, selon le docteur Valnet.

→ Imbibez une compresse avec cette infusion, pour une application cutanée contre les hémorroïdes, les ulcères variqueux, les plaies et même les poches sous les yeux.

► Utilisez le noisetier avec d’autres plantes médicinales, telles que le marron d’Inde, la vigne rouge, etc.

  • L’extrait fluide : 60 à 80 gouttes par jour, dans un peu d’eau.
  • Le macérât glycériné de bourgeons de noisetier.

En application externe

  • La décoction d’écorce de rameaux permet de lutter contre les états fiévreux ou encore les menstruations abondantes.

→ 30 g d’écorce par litre d’eau. Faites bouillir 10 minutes, puis laissez infuser. Pour soulager les hémorroïdes, imbibez une compresse avec cette macération. Certains rajoutent à la décoction, un demi-litre d’alcool à 40 % vol.

→ Contre les ulcères variqueux : faites bouillir pendant 10 minutes, 50 g d’écorce dans un mélange d’un demi-litre de vin et un demi-litre d’eau.

  • Le macérât huileux de feuilles de noisetier apaise l’insuffisance veineuse : en massage local sur les jambes, de bas en haut, dans le sens de la circulation sanguine. Vous pouvez ajouter à cette huile, des feuilles de chataignier et des parties aériennes de salicaire.

Cuisiner le noisetier

Les noisettes sont les fruits oléagineux les plus riches en protides et en lipides.

Elles peuvent également provoquer des allergies !

Le fruit se consomme sec, au naturel ou grillé, en purée, en poudre, en pâtisserie ou même en huile de cuisine.

Les feuilles de noisetier sont comestibles ! Dès le printemps, récoltez les jeunes feuilles tendres, sortant des bourgeons, pour les déguster en salade. Le goût est subtil et offre une belle variété de possibilités culinaires. Elles se cuisinent également dans les quiches, les soupes, etc.

Les chatons de noisetier sont aussi comestibles. Ils sont riches en protéines, en lipides, en minéraux et en vitamines B1, B2 et E. Certains les trempent dans du chocolat fondu !

Le noisetier en cuisine
La noisette s’emploie principalement en pâtisserie. Avez-vous déjà essayé le lait de noisette maison ?

Contre-indications

Le noisetier est généralement, très bien toléré !

Par précaution, il reste tout de même déconseillé chez la femme enceinte ou allaitante.

À cause de sa richesse en tanins, consommez-le loin de tout médicament ou complément alimentaire.

En conclusion

Le noisetier, au-delà de son rôle traditionnel de fournisseur de noisettes savoureuses, se révèle être un véritable trésor botanique aux vertus médicinales multiples et inestimables. Utilisé dans diverses traditions thérapeutiques, ce petit arbre discret cache en réalité un potentiel immense. Ainsi, le noisetier incarne la symbiose parfaite entre nature et santé, et mérite une place de choix dans votre pharmacopée.

Et vous ? Connaissiez-vous les bienfaits du noisetier ? Dites-le-moi en commentaire !

Références

  • « Noisetier » – Claudine Luu et Annie Fournier – 300 plantes médicinales de France et d’ailleurs – Éditions Terre vivante, 2020
  • « Noisetier » – Gérard Debuigne et François Couplan – Le petit Larousse des plantes qui guérissent – Éditions Larousse, 2013
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7 commentaires

  1. a dit :

    Merci pour cet article bien complet

    1. a dit :

      Merci beaucoup 😊 !

  2. jessica a dit :

    J’ai un noisetier dans mon jardin, mais les écureuils sont souvent plus rapides que moi pour récupérer les noisettes ! C’est donc intéressant de savoir que je peux aussi utiliser les feuilles pour faire quelque chose d’utile !

  3. a dit :

    Merci pour cet article super complet! Nous avons plein de noisetiers chez nous et je ne savais pas du tout qu’on pouvait en faire autant d’utilisations! Je vais de ce pas faire sécher des feuilles!

  4. a dit :

    Merci Emma pour ton article très instructif sur les bienfaits du noisetier pour le système circulatoire. J’ignorais totalement que cette plante pouvait aider à améliorer la circulation sanguine et réduire les varices.
    Tes conseils sur les différentes manières de l’utiliser, en infusion ou en décoction, sont très clairs et faciles à suivre.
    A bientôt et au plaisir d’échanger ensemble. 🌷

    1. a dit :

      Merci beaucoup 😊 ! À bientôt !

  5. a dit :

    Lorsque je me balade avec mes chevaux, ils adorent attraper les feuilles de noisetiers au passage. Je les comprends. Moi, j’adore les noisettes. Merci pour toutes ces informations intéressantes.

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